dimanche 12 octobre 2008

Pour ceux qui l'ont connue

La création du blog de l'Arep de Penthièvre me donne l'opportunité de rendre hommage à ma mère, Anne Marie Maugis, décédée à 99 ans le 5 décembre 2007.
Pour ceux qui l'ont connue ce témoignage la fera mieux connaître. Elle a aimé Penthièvre comme beaucoup d'entre nous. Elle fait maintenant parti de son patrimoine.


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Cette photo a été prise en 2004 au restaurant "La Mer à boire"




L’au revoir de Anne Marie Maugis,


Notre mère, Anne Marie Martin, qu’affectueusement les petits enfants appelaient « Bonne maman » et les cousins et cousines « tante Michette », nous a quittés le 5 Décembre 2007 après avoir passé 99 ans sur cette terre.
Elle a traversé le XX ème siècle avec ses 2 guerres et l’extraordinaire progrès technique. Son histoire est une succession de bonheurs et d’épreuves.
Ce sera autant d’occasions pour elle de se forger un caractère de devoir mais, malgré tout, résolument confiant dans la vie.
Son histoire commence en Bretagne à Auray le 4 novembre 1908 où elle naît cinquième après 4 garçons d’une famille de 7 enfants. Sa première épreuve est la perte de sa mère à l’âge de 4 ans. Son père se re-marie en 1916 mais, dans son cœur, maman Lucie ne remplacera jamais maman Rose.
Le bonheur revient pendant l’adolescence et se concrétise en 1933 quand elle rencontre et se marie avec François-Xavier Maugis, ingénieur de l’Ecole d’agriculture de Ploërmel.
Le ménage s’installe à Vannes et fait construire une maison en 1937. Dès lors, sa maison et les suivantes seront toujours ouvertes à la famille, particulièrement aux neveux et nièces pendant les vacances et même pour des périodes scolaires.
Quand arrive la guerre il y a déjà 4 enfants à la maison.
La fin des privations de la guerre ne la met pas à l’abri des épreuves. De 1945 à 1952, elle perd son père mort accidentellement et 5 enfants dont son fils aîné Jean disparu en mer à 18 ans.
Le bonheur revient avec l’arrivée de son douzième enfant, Jean-Claude, en 1953 au Mans.
La famille s’installe à Caen en 1955 après avoir acheté en 1947 l'ancienne pension de famille « Bonséjour » de Penthièvre au 4 Avenue Suffren, qui s’appellera désormais « Kerchahut ».
A partir de 1963, ses années de grand-mère et d’arrière grand mère de ses 14 petits enfants et 4 arrière petits enfants, sont pleines de bonheur durant lesquelles, avec notre père, elle apporte toute sa tendresse, son dévouement et …aussi des aides matérielles.
Sa vie est agrémentée de voyages et des séjours estivaux à Penthièvre qu’elle aime beaucoup.
Une partie de son temps est consacrée à l’enseignement du catéchisme au sein d’une équipe paroissiale où elle noue de solides liens d’amitié.
Cette belle harmonie est interrompue par le décès de notre père en 1995. Le soutien familial lui permet cependant de rester dans sa maison de Caen jusqu’en 2003 et de continuer ses séjours en Bretagne. Ensuite elle est prise en charge à Douarnenez où elle décède après une hémiplégie de 2,5 ans.
Ses derniers cadeaux ont été des sourires témoignant de son amour et de sa sérénité.
Comme elle aimait lire et écrire, elle nous laisse des lettres qui sont les marques touchantes de sa personnalité.
Voici un extrait de lettre, adressée à ses enfants, retrouvée après son décès, qu’elle écrivait à la fin de sa vie avant une intervention chirurgicale.
Mes chers enfants
Si ma vie s’arrête là, je veux vous dire au revoir et aussi combien je vous aime et je vous ai aimés.
Peut-être vous ai-je blessés ou fait mal parfois, je vous demande pardon de mes impatiences et de mes faiblesses.
Je vous remercie de l’affection que vous me témoignez sans cesse. La vie comporte beaucoup d’épreuves mais vous m’avez donné tant de joies.
Avec votre père, nous avons essayé d’être pour vous le plus disponibles possible, vous englobant tous dans un même amour.
Mon cœur va vers ceux que vous avez choisis pour partager votre vie, gendres et belles filles.
Parlez de moi à vos enfants qu’ils n’oublient pas « bonne maman » qui les embrasse avec toute sa tendresse.
J’ai confiance que le Seigneur m’accueille malgré mes misères et mes manquements. Que ceux qui doutent de cette espérance réfléchissent.
Restez loyaux, bons et unis comme vous l’êtes, généreux aux autres et attentifs comme votre papa, toujours prêt à aider, rendre service et accueillir.
Dieu nous a enlevé beaucoup des nôtres mais nous a donné une fin de vie heureuse puisque si entourés. Je ne vous dis pas adieu mais au revoir

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